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Vision 2035: la deuxième phase est lancée

Economy
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Sous le haut patronage du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey a présenté le 16 novembre 2020, la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, en abrégé SND30.

Le nouveau cadre stratégique de développement pour la période 2020-2030, s’inscrit dans la continuité de l’implémentation de la Vision de développement à long terme, adoptée par Cameroun en 2009. Cette Vision qui vise à faire du Cameroun un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité à l’horizon 2035, a connu sa première phase à travers le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), qui a servi de boussole de développement pour la période 2010-2019. La SND30 vient donc suppléer le DSCE pour consolider les acquis et affronter les nouveaux challenges de développement de la deuxième phase de la Vision. La nouvelle stratégie a pour objectifs, de mettre en place des conditions favorables à la croissance économique et veiller à obtenir les modifications structurelles indispensables pour l’industrialisation du pays ; d’améliorer les conditions de vie des populations et leur accès aux services sociaux de base en assurant une réduction significative de la pauvreté et du sous-emploi ; de renforcer les mesures d’adaptation et d’atténuation des effets de changements climatiques et la gestion environnementale pour garantir une croissance économique et un développement social durable et inclusif et d’améliorer la gouvernance pour renforcer la performance de l’action publique en vue de l’atteinte des objectifs de développement.


Pour atteindre ces objectifs, la SND30 repose sur quatre piliers fondamentaux. Le premier pilier est relatif à la transformation structurelle de l’économie nationale. Il traite de la planification économique qui doit conduire à la résolution des problèmes tels que le faible niveau d’industrialisation et la faiblesse des liens intersectoriels en amont et en aval ; la faible structuration et productivité des Exploitations Familiales Agricoles (EFA) en milieu rural ; les infrastructures productives sur lesquelles les priorités doivent être clairement définies.


Le deuxième pilier s’intéresse au développement du capital humain. Il aborde les stratégies sectorielles à vocation sociale (Education et formation, santé, protection sociale, emploi, etc.), dans la perspective de constituer une main d’œuvre plus productive. Le troisième pilier se concentre sur la promotion de l’emploi et l’insertion des jeunes dans le circuit économique. Plus précisément, il s’agira de résoudre la problématique du sous-emploi, de l’adéquation formation-emploi, notamment l’adéquation de l’offre de formation à la demande du secteur productif en main-d’œuvre. On mettra ainsi en place un cadre efficace pour l’éclosion des entreprises plus à même de créer des emplois. Par ailleurs, une attention particulière sera accordée à la régulation du marché du travail afin d’optimiser l’utilisation des ressources humaines.

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Le quatrième et le dernier pilier concerne la gouvernance, la décentralisation et la gestion stratégique de l’Etat. Il traite des aspects classiques de la gouvernance notamment : la décentralisation et le développement local ; le renforcement de l’Etat de droit et la sécurité des personnes et des biens ; l’amélioration du service public de l’Etat ; la gouvernance économique et financière ; l’aménagement du territoire. Ce dernier pilier inclut également les questions liées au multiculturalisme et au bilinguisme qui sont au centre de la troisième dimension de la Vision 2035, à savoir « l’unité dans la diversité ». Ces quatre piliers vont permettre ainsi à l’Etat de réorienter avec plus de rigueur, de détermination et de discipline, le sentier de la croissance vers l’émergence. Les défis à relever par la SND30 sont nombreux, et le contexte qui prévaut aussi bien au niveau national qu’au niveau international n’est pas de nature à rendre la tâche aisée. Toutefois, comme l’a si fort opportunément souligné le Ministre de l’Economie, Alamine Ousmane Mey lors de la présentation de la nouvelle stratégie, « cela demande que tous les camerounais s’approprient cette stratégie et qu’ils la mettent en œuvre à leurs niveaux et de manière conjuguée, nous aurons un pays qui se construit et qui va vers l’émergence tout en préservant la paix, la stabilité, la sécurité qui sont des préalables fondamentaux pour un développement économique et social harmonieux et inclusif ». Cet appel du Minepat à la mutualisation des efforts de tous les acteurs est aussi partagé par la société civile. C’est du moins les points de vus des professeurs Roger TSAFACK NANFOSSO et Viviane ONDOUA BIWOLE. Ils pensent qu’il faut une implémentation cohérente de cette nouvelle stratégie doublée d’un suivi et d’une évaluation rigoureux. Ce vœu a déjà été observé à travers une participation massive des membres du gouvernement, des universitaires, du secteur privé, des partenaires au développement, des Collectivités territoriales décentralisées, etc. à la cérémonie de présentation officielle de la SND30.