Sidebar

Réunions de Printemps d’avril 2020: Alamine Ousmane Mey porte la voix du Continent

Coopération
Typographie
  • Plus petit Petit Moyen Grand Plus grand
  • Defaut Helvetica Segoe Georgia Times

En sa qualité de Président du Groupe Consultatif Africain (GCA) du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, le Ministre camerounais de l’Economie appelle les dirigeants de ces deux institutions à soutenir les efforts déployés par les Etats africains pour faire face à la pandémie du Covid-19. Il s’est exprimé à travers une déclaration adressée à la Directrice Générale du FMI et au Président du Groupe de la Banque Mondiale.

Comme partout ailleurs dans le monde, le continent africain fait face à l’urgence de santé publique causée par la pandémie du Covid-19 et à ses répercussions économiques et financières. Dans le même temps, le continent doit poursuivre son programme de développement au-delà de cette crise dont la gravité est établie. Une situation qui requiert un suivi étroit et commande un appui conséquent. C’est dans ce contexte que s’est ouvert le 13 avril 2020 à Washington DC, par visioconférence, les Réunions de Printemps des institutions de Bretton Woods centrées sur la pandémie du Covid-19. Au cours de ces rencontres, c’est au Ministre Camerounais de l’Economie, en sa qualité de Président des Groupes Consultatifs Africains (ACG) du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, qu’est revenue la charge de porter à l’attention de ces deux Institutions, les préoccupations et les priorités communes de toute l’Afrique. Alamine Ousmane Mey a sollicité un appui important de ces deux institutions pour permettre aux Etats africains d’atteindre des résultats positifs dans le cadre de la lutte contre cette pandémie. Il s’agit notamment de : (i) renforcer les systèmes de santé et de faire face aux répercussions de COVID-19; (ii) répondre aux facteurs de vulnérabilité liés à la dette et aux besoins de financement ; (iii) renforcer la mobilisation des ressources intérieures et maîtriser les flux financiers illicites ; (iv) Promouvoir le développement du secteur privé en Afrique ; et (v) accélérer la création d’emplois et la transformation économique.
Pour le Président du GCA, Alamine Ousmane Mey, il faut agir sans attendre, en mutualisant les efforts. Il invite le FMI et le Groupe de la Banque mondiale à concrétiser rapidement les réformes adoptées en matière de financement d’urgence, à rationaliser les conditions d’obtention d’une aide rapide, à simplifier et à accélérer les procédures de décaissement. Bien plus, face aux conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la dette et l’incertitude quant à l’ampleur des effets négatifs de cette pandémie, il appelle à l’annulation de la dette des pays africains et invite les dirigeants des pays membres du G20 ainsi que les autres créanciers , à permettre aux pays africains de suspendre tous les remboursements au titre de la dette publique bilatérale afin de dégager un espace budgétaire pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Le Président du GCA a également invité le FMI et la Banque mondiale à définir avec soin la nouvelle politique relative aux plafonds d’emprunt ainsi que les modalités détaillées de la politique de financement du développement durable afin d’éviter de pénaliser indûment les pays qui auront le plus besoin d’une aide financière extérieure pour se remettre des effets de la pandémie. Par ailleurs, dans un contexte de situations socioéconomiques variées, la Banque mondiale et le FMI devraient mettre sur pied des programmes d’aide financière et d’assistance technique plus adaptés à la situation de chaque pays, afin de promouvoir la croissance et de renforcer la résilience face aux chocs.
En relevant les lourdes pressions budgétaires auxquelles feront face les pays africains et les impacts à gérer au lendemain de la crise du COVID-19, le Président du GCA note que les leviers du secteur public demeureront insuffisants pour résoudre ces problèmes. Ce qui confère un caractère encore plus impératif au rôle du secteur privé, notamment dans les domaines du tourisme, de l’agro-industrie et l’agriculture commerciale, de l’industrie légère comme le textile et l’habillement, et de la pétrochimie. C’est fort de cela que les groupes consultatifs africains entendent poursuivre les discussions avec la Banque mondiale et la Société Financière Internationale pour entre autre mettre à contribution les avantages que présente le continent pour promouvoir les projets porteurs de transformations profondes, et de remédier au manque de projets financièrement viables. Il s’agira également d’orienter l’action des partenaires de Bretton Woods vers l’élimination des obstacles à la transformation structurelle du continent à travers un cadre stratégique bien pensé en matière de promotion d’emplois et de transformation économique.